vendredi, juillet 27

Juillet



C'est difficile mais je m'accroche comme je peux, aux mains qui se baladent près des miennes, aux sourires sur table basse, aux non-dits magnifiques qui irradient par les yeux.
C'est difficile aussi de ne pas avoir de temps pour le repli sur soi, le deuil, l'adieu, les larmes qu'on garde maintenant tout au fond parce qu'il y a prescription, un mois ça s'envole vite, on ne veut pas voiler le bonheur ambiant et l'enthousiasme des autres avec un chagrin comme celui-là, ça devient embarrassant, pour moi pour eux, alors on tire sur une cigarette en regardant le soleil droit dans les yeux afin d'avoir un alibi consistant pour des pupilles qui brillent trop. Partir loin c'est bien mais il y a des fantômes qui courent vite et qui vous rattrapent par surprise en vous fauchant les jambes sur un air d'Aznavour.
Je me suis rendue compte que c'est sans doute la première fois que je perdais quelqu'un à qui je tenais aussi fort. Je me rends compte aussi que je suis toujours à pieds joints dans une phase de déni.
Jusqu'au moment où les souvenirs et le visage ne seront plus aussi nets.
J'aimerais pouvoir pleurer plus, pleurer encore, faire s'évanouir ce sentiment de ne pas avoir pris le temps d'être assez triste, pris le temps d'y penser plus.
Mais au fond est-ce bien raisonnable?
Je suis encore vivante, bien sûr.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

... avoir conscience de la relativité du temps qui passe ...
et prendre le temps d'apprécier ce qui à été ... sans nostalgie """égoïste"""

Les regrets, la tristesse ont toujours la mauvaise habitude d'apparaître, de réapparaître quand on ne les attend pas!

Mais au fond, c'est .... très très raisonnable