dimanche, août 5

sous le soleil du mois d'Août












Nulle. Se sentir nulle. 
Pas "moins que zéro", non, c'est bien trop héroïque, la négation d'une nullité évidente. La même chose mais positif, nulle + , l'accepter comme une fatalité. Aujourd'hui je me sens nulle. Ronde, pleine, vide surtout. Extrêmement inutile, remplaçable. Prête à exploser sans faire de mal à personne, juste se couler en douce sous les ponts.

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"Donc t'as une petite soeur si je comprends bien?
- Ouais...celle-là j'te jure le jour où elle a un copain je l'écrase direct sans réfléchir...
- Pourquoi? t'es jaloux?
- Nan, c'est pas ça. C'est juste que c'est tous des salauds. On est tous des salauds. Y'en a pas un de bon.
Même moi."

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Je ne sais pas quel est le con qui a pu dire qu'on partait tous avec les mêmes chances. Qu'il ait pu le dire, à la limite. Mais y croire, non. Non.
Il y a des salons où personne n'a à consoler l'autre, qu'importe les âges qui se contredisent, les rapports de force inversés. 
Qu'est ce qu'on peut bien répondre quand on vous dit qu'on aimerait bien que tout se soit passé autrement? qu'on ne sait plus quoi faire et qu'on se demande où est-ce qu'on a raté le brouillon pour avoir un tableau comme ça, noir, noir, la craie qui crisse? 
Il y a des salons où on parle des derniers films qu'on a vu, où on rit, où on descend et tout est déjà sur la table. Ou les épaules sont libres de toute charge, le dos dénoué, l'avenir limpide et attirant, accueillant même.
J'ai le sentiment de ne pas être là où je devrais, c'est à dire bien assises entres mes obligations, à éponger les débordements et tirer les vers du nez. Mais est-ce un crime de s'échapper là où tout est lisse et droit?

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Que la catin d'aujourd'hui redevienne princesse d'autrefois.

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Même si la nuit tout ressurgit et te dévore. Je passe mon temps à essayer d'anticiper la suite des choses (le registre de la tragédie), en prévision. Mais ce n'est pas humain de se retenir, d'endiguer des sentiments parfaits par peur de se sentir volée. Ce n'est pas possible de feindre le détachement par peur d'une déchirure qu'on appréhende. Je n'arrive pas à être égoïste de cette force qui m'attire, mais les éclairs de lucidité forment une boule dans la gorge et m'empêchent d'avaler. J'ai peur d'une suite sans moi.

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Parfois j'aimerais bien être folle. Invoquer un dérèglement, un craquage, un certificat, une excuse à tout ça. Malheureusement attendre la folie comme délivrance prouve bien que je suis saine d'esprit.

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C'était un jeu et puis les règles nous ont laissé tout seuls. Après tout les cartes sont bien dans nos mains. Et je peux les envoyer en l'air comme des confettis un peu glauques. C'est fini de prendre ça trop à coeur, de faire de la place (un néant) pour l'élever devant tout, en faire une montagne, ne pas en dormir.
Je regarde ça comme une coulée de lave: avec la peur et l'émerveillement de me bruler, d'y rester coincée une fois les passions refroidies.
Et peut-être que ça rendra tout insipide, ça rendra tout désolant, sans que personne ne soit désolé.

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Personne ne veut d'un petit chat qui boîte. Même les excités de l'espoir ont laissé tomber.


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Et les états d'âme d'une jeune fille n'intéressent plus personne, même moi. Je me regarde regarder tout autour avec cet air ahuri et ces débordements sur mes joues comme des questions que je pose, des espoirs que j'ai déjà perdu. Je réagis sans doute à ce dédoublement interne, cette friction entre mes envies et mes peurs, les peurs de mes envies, ce genre de choses, et surtout cette fille que je laisse derrière les portes que je claque. Il est temps de redevenir moi.
Ce qui remue c'est sans doute cette presque indifférence, teintée d'habitude, de lassitude, de l'autre côté.
Ne rien vouloir voir, ne rien vouloir sentir, abandonner la route vers moi,  ne plus jeter de ponts.
Pourquoi, pourquoi, qu'est ce qu'il se passe, où est-ce qu'on va?

Je fais la plante.
Au moins ça c'est une chose que je fais bien.







1 commentaire:

Alma a dit…

écrire.
ça c'est quelque chose que tu fais magnifiquement bien.