j'ai 666 morceaux sur mon ipod, mon métro a fait des drôles de bruits alors j'ai cru que j'allais mourir, et bizarrement j'ai souri. Je cherche les ennuis comme un gamin qui soulève les jupes des filles sur la cour de récré. Ce genre de type reste un emmerdeur de première toute sa vie. Je n'aime pas les gens qui ont des gros bras. Je n'ai pas juste besoin d'un taxi, j'ai besoin de rien/ & de tout. hi, problems! Je n'aime pas les gens qui lisent Beigbeder. J'ai rêvé que Julian C. était dans ma salle de bain, que j'avais une jupe noire très courte et que je me séchais les cheveux en le regardant se regarder chanter dans le miroir de l'armoire à crèmes. J'ai mis mes bras autour de sa nuque et il parlait français. J'ai été transplantée dans un grand jardin, à une longue table avec ma famille, puis des gens que j'apprécie qui me manquent mais que je ne vois plus, d'ailleurs cette dame m'a servi une énorme tarte aux champignons multicolores et translucides, je ne savais pas comment la découper pour que les champignons ne se fassent pas la malle par dessus mon assiette, puis je me suis réveillée. Je n'aime pas les scouts. J'ai plusieurs explications pour cette nuit. J'ai lu très tard un livre très beau, Un roman russe, ça faisait longtemps que je ne m'étais plus forcée une fois la page 45 de continuer un livre qui m'ennuie; ça valait la pleine, plus que ça, ça valait les larmes et le ventre qui se retourne à partir de la page 270, enfin un livre qui me démange et qui dit vrai. Je n'aime pas les gens qui font du cheval. Je n'aime pas les gens qui chiquent la bouche ouverte. Souvent je me réveille vers 5h du matin (un peu comme Paris), et j'entends ma mère rentrer sur la pointe des pieds. Quelques fois on se croise dans la cuisine, entre chiens et loups, entre deux nurofens et un verre d'eau, "c'était bien? -oui et toi? -aussi - bonne nuit maman", bruit de porte et de chatte perdue qui miaule, le premier tram qui creuse l'avenue. Je n'aime pas les gens qui font du bruit quand ils avalent. Jette est très moche. Je voulais y habiter, quand j’étais petite et que mon horizon se prenait les voiles au sommet de la Basilique, coincé. Les vitres ne rencontrent que des façades brunes, ocres, beiges, grises, jaunasses, briques, sales. J’aime bien les façades renfoncées, balcons, châssis, arrondis, angles, baies, et pas cette inertie et cette platitude des rues, des toits, des gens d’ici (ces gens de jette !). Je n'aime pas les gens qui font des rayons UV, et qui disent "je vais au solar". Une fois Bockstael c’est plus agréable. Toujours sale (c’est de la crasse de vie qu’on abandonne), mais les maisons sont hautes et élégantes. De façade. C’est très important les façades, vous savez. Même si personne n’ignore qu’à l’intérieur on est sept par pièce que l’humidité tâche les murs et que les rideaux sont gris et gras. La façade fait bonne figure. Ici tout est morne et plat. Peut-être que c'est pour ça que j'y habite. Les belles architectures ne sont pas pour moi. Je n'aime pas les gens qui mouillent leur index pour tourner les pages. Ca sent à nouveau l’herbe, c’est agréable, je peux me promener dans mon hall et être presque défoncée. Maman a le nez bouché, elle sent pas le danger. Petite fille. Je n'aime pas les gens qui lisent le ciné télérevue. Je n'aime pas les gens qui ont une Ice watch. Mon gsm me surprend toujours quand il vibre comme un gros insecte impatient. J’ai l’impression d’avoir 16 ans. C’est bien c’est le meilleur âge. Je n'aime pas les gens qui se saoulent à la bière. La luminosité est trop forte bien que le soleil ne soit pas là (enfin si, il est toujours là. Mais ce n’est même plus rassurant), mes yeux me font mal constamment, c’est mon type aryen sans doute. Je n'aime pas les gens qui disent "oreusement". Ce soir j’ai mangé des escalopes, et si il y a bien un mot que je déteste entendre, c’est bien celui là. Je sors les escalopes pour ce soir ? ok Tu cuis les escalopes ? oui. N’oublie pas j’ai sorti les escalopes ? mh Elles étaient bonnes les escalopes ? OUAIS. J’achète quoi comme viande, des escalopes ? Dur la vie. Je n'aime pas les bibliothécaires (le jour où ils souriront mon monde sera sauvé). Quelques fois je croise quelqu’un en rue et je reste perplexe, je me demande « qu’est ce qui a bien pu se passer dans ta vie pour qu’un jour tu décides d’acheter ce t-shirt, ce pantalon, d’associer les deux, de faire cette coupe de cheveux, de sortir à cette heure-ci. Pourquoi ? » waw, ça devait être très grave. Je hais la personne qui a inventé le legging. Je n'aime pas les gens qui roulent en Kangoo, Berlingot et Volvo. Quand autour de moi on parle d’un film, et qu’on me demande si je l’ai vu, si j’ai aimé, j’ai souvent rien d’autre à dire que ah ben moi j’ai lu le livre en fait ; et là je me sens terriblement snob. C’est triste, alors maintenant je me tais. Je n'aime pas les gens qui sifflotent. Bon vous m’avez dit que vous en aviez marre des pâtes alors on ferait pas de nouilles ? Je n'aime pas les gens qui laissent leur casque audio ailleurs que sur leurs oreilles. Cet été on dirait que la solitude plane mais qu’elle n’a aucune emprise sur personne. On ne se voit plus on ne s’appelle plus on se sent étrangement seul mais on n’a même plus peur, de tout ça, les longues nuits. Non, c’est une fatalité spécial été 2010, la solitude diffuse qui ne dérange plus, qui arrange peut-être, dont on se moque. Moi j’ai l’habitude, fais attention à toi, quand les autres seront morts. Je n'aime pas les filles qui font des photos dans les cabines d'essayage (eh oh, on fait la file, nous). "Découvrir ce que raconte le film seulement au montage : quand ce qui nous arrivera deviendra ce qui nous est arrivé" E.C. Je n'aime pas les gens qui font des trous exprès dans leurs jeans. L’été n’est plus l’été, les jours ne pèsent plus, les draps ne collent plus, les portes claquent. Ou sont les matins trop lourds à se retourner l’un contre l’autre, à murmurer, à attendre que le soleil s’éteigne un peu pour respirer, déjeuner, retourner au lit, ne rien faire et l’extase des jours de rien, où l’heure n’existe pas et où dehors est un enfer perdu, un désert vide de ciel. J’aimerais bien une pièce simple, sombre, le manque d’air, quelqu’un. Des mots gentils soufflés dans le creux du dos sur une peau salée. Des paroles qui ne s’oublient pas. L’été. Je n'aime pas les gens qui ont comme livre préféré Le petit prince. Souvent je fixe le réveil jusqu’à ce qu’il m’explose à la figure. J’aime bien le risque, t'as tout compris petit. Je n'aime pas les gens qui se sentent toujours obligés de dire quelque chose. Je dois dire que j’en ai un peu marre de passer de mains en mains, de nuits en nuits de jours en jours sans me fixer, courir pour échapper à la poussière qui retombe. On ne peut pas faire l’amour si on n’aime pas. Je me demande ce qu'il se fait, alors, dans ces moments là. Je me demande bien. Je ne crois pas à la chimie. Mais les preuves sont accablantes. Je n'aime pas les gens qui appellent 10 fois mais ne laissent aucun message. Range ta chambre, c'est dégueulasse, tu es dégoûtante! comme une rengaine. (La personne qui est arrivée jusqu'ici a toute mon admiration). Je n'aime pas les gens qui mettent du parfum pour t'anesthésier les muqueuses. Le parfum c'est délicat et intime, merde tu veux baiser tout le métro?. Il a plu et grêlé tellement fort, je me suis retrouvée bêtement à ma fenêtre en train de regarder la fin du monde se mettre en place, quand juste en face de moi j'ai entr'apperçu trois cons en train de faire la même chose. Je me suis sentie très bête et très commune. Je n'aime pas les gens qui gardent leurs bracelets de festivals après décembre. Je n'aime pas non plus les gens qui pensent comme moi, ce sont des cons ils n'aiment personne.
J'aime bien avoir des préjugés et passer ma vie à attendre de rencontrer quelqu'un les brise.
C’est une tartine, bon appétit (cela dit je trouve mon gris typographique assez réussi)
8 commentaires:
C'est dingue ta façon d'écrire...
La manière dont tu retranscris la "vie quotidienne" est magnifique. C'est tellement authentique, puis cette petite touche d'humour là qui me fait toujours sourire.
Malgré que ce soit une longue tartine, je n'avait pas envie que ce texte ce termine.
Je déteste lire parce que çà me fait tous simplement chier, et que je tombe toujours sur des livres assomants, et merdiques, mais là c'est fou je ne m'en lasse pas.
Pour moi, te lire c'est comme regarder un merveilleux film.
Dommage que l'écriture est un métier difficile parce je te vois tellement bien là dedans.
Merci pour ce bon moment en tout cas!
En attendant impatiemment la suite.
Bonne soirée.
Loredana.
:) merci beauuucoup!
Je n'avais pas non plus envie que ça s'arrête.
J'attends le livre !
Scout, chevaux et Berlingo; tout de suite, je comprends mieux que tu ne sois pas sûre d'être disponible pour mes vingt-et-un ans.
Pareil, pas envie que ça se termine.
Je suis revenue & j'ai de la lecture sur ton blog, ça me fait plaisir :)
Tu ne le croiras sûrement pas mais je viens souvent lire tes articles. J'adore.
T'es la meilleure Maaaaar :))
Manu
aha manu! :)
merci les filles, ça me fait plaisir!
Me suis demandé plusieurs fois pourquoi je continuais à lire ce texte mais chaque fois quelque chose m'a fait sourire...et j'ai continué. J'aime beaucoup la chute. Ça en valait la peine.
ps: merci pour ton admiration
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