mercredi, mai 18

c'est pas la forme, juste le fond

Croiser le miroir, puis remettre tout ce qui ne va pas aux alentours sur mon corps, le culpabiliser, pleurer, m’énerver encore plus de m’entendre renifler alors que merde j’ai vingt et un an, rester chez soi parce qu’on ne peut pas sortir avec une tête pareille, supporter le regard des gens, se poser encore plus de question sur le manque d’attention, les silences, les choses commencées, douter de soi, de ses capacités à rendre quelque chose bien, le manque de confiance et le dégoût de soi ça doit bien transparaître et tout pourrir, que je le veuille ou non. Y penser, y penser trop, ne plus dormir, lire des articles stupides dans des magazines féminins stupides, entendre résonner des questions (toujours les mêmes) ne jamais trouver les réponses (fatalement, fatalement), se rendre compte que le contexte change mais que mes réactions sont toujours les mêmes, inappropriées, démesurées, silencieuses, ignorées; se rendre compte aussi qu’on n’a pas l’importance qu’on espérait avoir, qu’on n’a pas la place qu’on croyait s’accorder. Se buter à l'impossibilité que quelqu'un puisse trouver en moi quelque chose à prendre et à apprécier, quelque chose auquel on peut s'accrocher, être attiré. Non ce n'est pas possible, oui on doit se foutre de moi quelque part, toujours cette appréhension à faire confiance (j'ai trop d'exemples que pour m'exposer à une xième gifle). Finalement, lever la tête avec un sourire timide, se persuader qu’on exagère, qu’il y a pire (il y a toujours pire, ça n’a jamais consolé personne), y croire, se moquer de sa capacité d’auto dénigrement pathétique et puis y succomber encore une fois, puisqu’il n’y a que ça à faire.

Ou rire encore un peu plus des situations pourries que la vie met sous mon nez, ces provocations mesquines, voir si je tiendrai mes promesses, si je supporterai celles qui se brisent, si je tomberai sur mon lacet, si je finirai mon verre, si je ne me réveillerai plus jamais à droite, si on veut bien encore de moi; voir si je ne succomberai pas à l'envie écrasante de partir en courant quand on quittera la table, que mon père s'en ira d'un côté et que je suivrai ma mère en pensant à avant, quand je croyais que mon père était le plus fort et que les divorces n'avaient lieu qu'en Amérique. En rentrant dans la voiture ce soir là j'avais aux enfants de la chance en tête, sans raison, les perruches vertes criaient au dessus de nous.

Palme de l'article le plus immature et le plus inutilement angoissé, merci Marine.

(c'est le blocus alors j'ai remis un Tetris, ça va de soi)

4 commentaires:

Anonyme a dit…

je me dis que tu dois être là quelque part à regarder ma vie, pour l'écrire aussi bien. ça me fait peur / rassure de savoir que "toi aussi".

Anonyme a dit…

C'est dans ce genre de moments que les grands mères utilisent des expressions inutiles et ridicules censées remonter le moral du genre "Haut les coeurs". Qui n'ont aucunes utilité à part peut être celle de nous faire sourire malgré nous.

Alors "haut les coeurs" ;)

ça vaut ce que ça vaut mais vu les photos de toi que tu poste j'aimerais bien être "moche" comme toi moi ! :)

Marie

Anonyme a dit…

Tu n'imagines pas comme j'aime la façon dont tu écris. Tu as un énorme talent, vraiment. Tout le monde te le dit mais je préfère te le dire quand même, je me retrouve dans tes écrits, dans tes phrases, c'est incroyable. J'écris aussi et je finis toujours pas effacer mon blog en me disant que je vois tout noir, que je devrai arrêter d'être triste, que peut être arrêter de l'écrire ça pourrait m'aider. Faire semblant, se convaincre tu vois?
Mais je finis toujours par écrire sans trop savoir si ça me fait du bien ou du mal. Ca soulage de faire quelque chose de """beau""" avec du chagrin, c'est un peu ça je suppose.
Ca t'aide vraiment d'écrire alors?

Marine a dit…

petit a, merci beaucoup, beaucoup
petit b, ça sert à rien de se forcer à faire des choses dont on n'a pas envie, y a assez de contraintes ailleurs, donc si t'as envie d'écrire, écris
petit c, non ça n"aide" pas, c'est hyper égocentré, mais sur le moment ça fait du bien, ça doit sortir. maintenant le fait de rendre ça public c'est un choix (et je comprends que beaucoup ne le comprennent ni ne l'approuvent), voilà :)