jeudi, mai 6

horror vacui


Je me donne le luxe de prendre le temps. Si il ne veut pas, j’ellipse. Et de force.

« C’est elle, la petite morte, derrière les rosiers »

Si je pouvais choisir un truc, c’est de ne plus devoir choisir. Si je suis là point x, c’est par enchaînement de mauvais choix, enfin c’est l’ambiance du moment. J’ai besoin de faire sortir tout ce truc qui tourne sans cesse à l’intérieur, ce mouvement incessant, cette pression ce déni ce dégoût et cette panique, oui c’est peut-être ça, de la panique. Mes seules réactions face à ça ressemblent à des parodies de moi, parler trop vite ne pas terminer ou commencer mes phrases, ne rien dire ou alors avoir envie de pleurer dans le métro parce que tous ces gens qui me regardent comme ça je ne peux plus le supporter, non non non baissez les yeux et parfumez-vous. BOUGEEEZ VOUUUS.

Il faut qu’il pleuve, très très fort. Et puis que tout s’assèche et disparaisse.

Mes obligations me font fuir, je fais tout pour éviter de devoir y réfléchir, ignorer un peu demain, et surtout hier mais ça, étrangement, ça semble aller. Aller ou, je ne sais pas. On se fait à l’absence comme à l’hiver, comme dormir au milieu, comme mettre de la crème même si le seul contact c’est le tissu, comme retrouver des photos et sourire, comme se dire que rien ne retient et qu’on peut partir.

Je n’habite plus ici, je ne m’habite plus, je traverse, je débute ; on s’habitue et je te tue.

Je mens tellement bien que j’ai réussi à jouer mon jeu, le rôle qu’on attend de moi, le regard léger, les hanches qui roulent, etc pendant quelques jours, enfin jusqu’à aujourd’hui.

Et puis, tout devient lourd et impossible à porter, ma vue se rétrécit et il n'y a plus rien dans le champ, tout est hors cadre et je cherche des mains. J'ai des envies de champs de fleurs et de parfums enivrants, je déteste les femmes qui mettent Insolence de Guerlain, ça pue c'est une horreur qui colle, enfin non je ne les déteste pas toutes. Mon papi a appelé ça "ta grande désillusion" et je trouvais ça si, mh, juste, enfin, si il est persuadé que je m'en remettrai, j'essaye de lui faire confiance.

est-ce que j'ai l'air perdu de celles qui n'ont plus rien à perdre?je me retourne de l'intérieur pour explorer le trop connu

J'aime bien quand le vent ennuie les arbres et excite mon chat. C'est désespérant de ne pas être désespérée, alors que les trois quart de moi savent très bien que c'est mort et que je n'en mourrai pas. on dirait une petite fille hystérique qui reste accrochée à la jambe de son papa, qui la traîne comme un.. comme un boulet, exactement.
la fatigue me fait dire faire et regretter n'importe quoi. Je repense à des instants déjà si loin que j'ai l'impression qu'il y a un effet flash back filmesque bidon collé dessus. Pschiouuu moi dans la salle de bains te regarder faire des grimaces dans la douche, toi qui/ en l'occurrence on devrait avoir les mêmes donc ça ne sert à rien de repasser dessus, enlever les plis ; je reste chiffonnée. Conditionnel car sans doute d'un côté il y en a d'autres, inconnus qui se rajoutent et viennent apaiser, enterrer, mais pas chez moi. Moi ça brûle et ça me fait chier. Moi j'ai des images horribles pour faire un film horrible un film où j'avais une vie de fille de film, un film qui me replace dans mon anonymat d'idole oubliée. J'ai cette partie de moi qui manque et qui reste vide parce qu'elle fait exprès de ne vouloir personne d'autre. Cette moitié de moi qui a disparu d'un coup et qui fait pencher la balance de son côté, qui entraîne ce qu'il reste vers le manque d'équilibre, vers une fin qui ne semble même pas exister. C'était quoi? c'était nous; imparfait. Je ne sais plus ce qu'il faut que je fasse. Je suis révoltée d'être triste. big fête

1 commentaire:

Lola a dit…

je n'avais pas imaginé une boîte aussi CHIC!