mardi, mars 30




images originales: Van stiphout Elkie, Barber Tim
texte: Benjamin B
De beaux souvenirs/Pour les dimanches à combler/De
beaux souvenirs/Pour les songes de nuits d'été/De beaux souvenirs/A défaut d'aller mieux/Un peu de poudre aux yeux/De beaux souvenirs/C'est pas l'ami ricoré/De beaux souvenirs/C'est ta bouche un escalier/De beaux souvenirs/Un peu de baume au cœur/A défaut de bonheur/
De beaux souvenirs/L'eau est chaude et mordorée/De beaux souvenirs/Morts de chaud sur l'oreiller/De beaux souvenirs/C'est ta saison préférée/De beaux souvenirs/Pour les songes de nuits d'été/Plutôt crever que de mourir/Sans de beaux souvenirs/ De beaux souvenirs/D'un passage à l'heure d'été/De beaux souvenirs/Autrefois tristes à pleurer/De beaux souvenirs/On conserve sous vide/Pour combler tous les vides/De beaux souvenirs/C'est quelque part sur les quais/De beaux souvenirs/18 boulevard Beaumarchais/De beaux souvenirs/Quand on a plus que ça/Quand on est guère que soi/De beaux souvenirs/Jambes en l'air ou bras levé/De beaux souvenirs/Dans la jungle des pensées/De beaux souvenirs/C'est ta saison préférée/De beaux souvenirs/Pour les songes de nuits d'été/Plutôt crever que de mourir
Sans de beaux souvenirs


Je suis là à rien faire, j'ai beau crier dans ma tête (parfois, j'ai l'impression de vivre dans un très mauvais roman). Je déteste je déteste je déteste être là comme ça. Ca va faire un an que je me traîne, qu'on tourne en rond dans cet appartement qui n'a vu que du malheur et entendu que des horreurs, j'ai l'impression d'être écrasée par trop de fantômes. Les portes qui claquent qui s'ouvrent le chat qui gratte la cuisine enfumée; ça pue la tristesse et la mort et l'ennui et c'est tellement sombre. Je ne sais pas quoi faire, me tirer,
tirer dans le tas;
me taire.
moi je m'enfuis et je me cache, j'ai peur des fausses paroles de réconfort, des fausses promesses parce que c'est pas vrai, ce sera pas mieux, le coton dans les yeux faut arrêter, la merde aussi. C'est ce que tout le monde fait, éviter les gens tristes, c'est comme la peste c'est contagieux et ça ne vous lâche plus (il suffit de regarder les places vides tout autour).
je suis désolée mais je peux pas assumer pour deux. Pardon

Et on finit tous par chialer chacun de son côté mais c'est peut-être mieux, quelques fois ça coupe tellement la respiration qu'on préfère s'essouffler tout seul. (M, experte en lacrymologie)

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